L’indice de réparabilité, qu’est ce que c’est ?

par Gael
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Indice de réparabilité

C’est un nouveau logo apparu au début de cette année 2021 : une clé à molette et une roue crantée, tantôt verte, quand le score est bon (> 8/10), tantôt rouge quand il l’est moins (< 2/10).

 Il accompagne, en ligne ou physiquement, 5 catégories de produits : PC Portables, TV, Smartphones, lave-linges et Tondeuses à gazon, autant d’appareils électriques et électroniques concernés par un nouvel indice : l’indice de réparabilité.

1er pas vers des produits durables, cet indice luttera sûrement aussi contre l’obsolescence des équipements et anciens modèles en proposant des nouveaux modèles de biens de consommation (des appareils électroménagers aux objets électroniques en passant par les téléviseurs), plus simples à réparer, plus durables.

Cet indice de réparabilité s’inscrit aussi parfaitement dans une époque propice à une consommation des appareils moins énergivores et au reconditionnement. Le consommateur, pour sortir de l’obsolescence des produits est-il prêt à faire réparer plutôt qu’à remplacer ?

SON UTILITE

Créé dans le cadre de la loi anti-gaspillage, l’indice de réparabilité vise à donner aux consommateurs une idée plus précise de la réparabilité, in fine de la longévité, du produit qu’ils achètent, en les informant sur les potentielles réparations à effectuer et la simplicité et accessibilité de ces dernières.

Dit autrement, le produit qu’on achète est-il plus ou moins facilement réparable ?

Cette notation représente un avantage à plusieurs titres. Le fait d’abord de savoir si l’achat d’un produit neuf ne se fera pas au prix fort en cas de panne. Puis l’aspect environnemental. Les produits high-tech pouvant générer une forte pollution, il appartiendra désormais au consommateur d’adopter un comportement eco-friendly ou non.

De tels comportements, plutôt dans l’air du temps, engendreraient alors une réduction du gaspillage et logiquement, une réduction des déchets électriques liés à ces produits. Trop de produits sont encore jetés au lieu d’être réparés.

Les critères qui ont été sélectionnés sont considérés comme essentiels dans le process de réparation : disponibilité de de la documentation, facilité (ou non) du montage/remontage, disponibilité et coût des pièces de rechange.

Mais attention. L’indice de réparabilité n’est pas qu’un instrument pour savoir si le carburateur de votre tondeuse thermique, par exemple, sera facile à changer en cas de panne

On peut en effet supposer également qu’en jouant le jeu de l’indice, les constructeurs et distributeurs rechercheront d’eux-mêmes la meilleure notation et retireront du marché leurs produits les plus mal notés. Comme ce fut à une autre époque le cas avec l’étiquette énergie.

Estimée à 40%, le gouvernement français souhaite faire passer la part des appareils  réparés aujourd’hui à 60% d’ici 5 ans.

Reste néanmoins une inconnue et non des moindres : le coût de la réparation. Qui reste la plupart du temps un frein à la réparation devant l’appréhension d’un montant aussi élevé qu’un produit neuf. Mais le prix pouvant varier d’un réparateur à l’autre, inclure cette donnée est difficile voire impossible…

indice de réparabilité

 

COMMENT EST-IL CALCULE ?

L’indice de réparabilité réserve donc de belles promesses, mais comment est-il calculé ?

Le gouvernement donne le détail du barème sur son site officiel. 5 facteurs déterminants ont été définis pour établir le calcul de l’indice :

  1. La documentation (mise à disposition des documents concernant le produit)
  2. La disponibilité des pièces détachées (prix et engagement à fournir les pièces détachées  facilement et rapidement)
  3. La démontabilité et l’accès, les outils et les fixations (capacité et facilité à démonter les pièces du produit avec des outils communs et à les changer)
  4. Le prix des pièces détachées
  5. Critères spécifiques

Chacun de ces critères est divisé en sous-critères et une note est attribuée pour chacun d’entre eux.

Cela donne ainsi une note sur 20 pour chaque grand critère, on les additionne pour obtenir une somme sur 100 que l’on divise ensuite par dix.

Ce calcul donne l’indice de réparabilité du produit noté sur 10.

La documentation

Pour avoir une bonne note sur ce premier critère, les fabricants mettent à disposition manuels d’utilisation, vues éclatées, schémas, tout ce qui constitue la documentation du produit permettant de comprendre son utilisation, son entretien et sa réparation.

Ainsi, les documents des smartphones / PC Portables disponibles pendant 7 ans ou plus apportent un maximum de points.

Une disponibilité de 11 ans pour les téléviseurs permet d’obtenir tous les points.

La démontabilité

Concernant la démontabilité,  plusieurs éléments sont pris en considération.

Accède-t’on facilement aux principaux composants, faut-il des outils pour y arriver et si oui, sont-ils communs ou particuliers ?

Y’a t-il des pièces amovibles, sont-elles simples à changer ?

Plus l’appareil sera composé de pièces amovibles simples à changer et sans nécessiter d’outils particuliers, meilleure sera la note.

La disponibilité des pièces détachées

Après leur démontabilité, autre critère d’importance concernant la notation : la disponibilité des pièces détachées.

On trouve par exemple la télécommande pour un TV, le clavier pour un PC, la lame pour une tondeuse.

Un maximum de points pour les pièces délivrables dans un délai de 1 à 3 jours ouvrés, un zéro pointé pour un délai dépassant les 11 jours.

Evidemment, plus l’accès aux pièces de rechange est facile, plus la notation du produit est haute. Et outre la facilité d’obtention et le délai de livraison, c’est aussi le délai de conservation des pièces qui est estimé.

Et ce n’est donc pas seulement les capacités de stockage du constructeur qui sont ainsi notées, mais également la qualité et la fluidité de son réseau de distribution.

Le prix des pièces détachées

La disponibilité des pièces n’a de sens que si leur coût reste attractif.  (Pièces détachées électroménager, pièces détachées lave-linge, pièces détachées tondeuse et électroniques).

Un barème est appliqué, et calculé, en fonction du coût des composants.

Si le résultat de ce calcul équivaut à plus de 30 % du prix de l’appareil, ce dernier n’obtient aucun point pour ce 5ème critère.

Spécificités du produit

Ce 5ème critère est celui qui change le plus en fonction de la catégorie du produit.

Cependant, et concernant les smartphones et ordinateurs portables, ces spécificités sont sensiblement les mêmes.

Les points s’obtiennent en donnant des informations sur la mise à jour et en fournissant un bon support d’assistance technique à distance (hotline, chat, site internet…).

QUI LE CALCULE ?

Si l’indice de réparabilité est un compromis entre les consommateurs d’un côté et les marques de l’autre, il est clair que ce système mis en place comporte certaines limites, la principale venant du fait que ce sont les marques qui s’autoévaluent.

Mais il est clair que les autorités publiques peuvent difficilement se porter garantes, tester et vérifier les critères de l’indice.

Logistiquement, ce sont les entreprises elles-mêmes les mieux placées pour intégrer une évaluation de leurs produits, même si cette information peut laisser le consommateur dubitatif. Les constructeurs agissent-ils sans tricher ? Les sanctions, prévues en cas de falsification des résultats en cas de contrôle sont-elles suffisamment dissuasives ?

Autre « faiblesse » de cet indice de réparabilité : sa pondération.

Chacun des cinq grands critères vaut  deux points dans la note finale sur 10.

Néanmoins, il semble pour certains critères, le 5ème , en l’occurrence, que l’obtention de tous les points semble plutôt simple et peu contraignant pour le constructeur. Et pas, ou peu sûr que les constructeurs acceptent de rééquilibrer l’indice en introduisant des coefficients aux critères de l’indice.

QUELLES CONSEQUENCES ?

L’indice de réparabilité a donc encore une jolie marge de progression. Cet indicateur est au final un outil qui offre un moyen supplémentaire au consommateur de mieux se renseigner sur son futur achat.

Attention tout de même car l’indice de réparabilité n’est pas un indice de durabilité, même si ce dernier doit rentrer en vigueur en 2024, toujours dans le cadre de la loi AGEC.

À cet égard, sachez que ce critère supplémentaire de durabilité sera ajouté dans le tableau au 1er janvier 2024.

On devrait donc obtenir, et a minima sur ces 5  familles, des produits plus durables ?

Et les constructeurs ne vont sûrement pas attendre la date butoir pour améliorer les points sensibles mis en exergue par l’indice.

À QUAND UN INDICE DE RÉPARABILITÉ EUROPÉEN ?

L’Union européenne va-t-elle s’activer pour établir à son tour un indice de réparabilité ? Si l’U.E  a longtemps estimé que mettre en place un indice de réparabilité relevait de la gageure, la France a démontré que c’était possible.

Paris pousse la Commission européenne à prendre les devants et à se pencher définitivement sur la question, au risque de voir apparaître des indices nationaux, ce qui apporterait son lot de confusions auprès des consommateurs et des distributeurs.

On attend donc une dynamique européenne qui s’appliquerait à court terme à l’ensemble du continent et à l’ensemble des appareils électroménagers (lave-linge séchant, machine à laver, frigo, réfrigérateurs, lave-vaisselle, aspirateur, sèche-linge, congélateur, four à micro-ondes, chauffe-eau, machine à café, plaques de cuisson, fer-à-repasser, mixeur, cuiseur, blender, table de cuisson, hotte, grille-pain, cafetière, fours, bouilloire, vitrocéramique, cuisinière, réfrigérateur-congélateur, presse-agrume, réfrigérateurs et congélateurs, sèche-linges, aspirateurs, congélateurs, plaque de cuisson, machines à laver, four-micro, cave à vin, etc… ) et des produits électroniques (imprimante, horloges, téléviseur, etc..).

INDICE DE REPARABILITE ET LEGISLATION

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire entend accélérer le changement de modèle de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

Loi anti-gaspillage : présentation

Transformer notre système en profondeur : tel est l’objectif de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dont les 130 articles permettent de lutter contre toutes les différentes formes de gaspillage. La loi vise à transformer notre économie linéaire, produire, consommer, jeter, en une économie circulaire. Sont concernés : les appareils électroniques, le gros électronique, le gros électroménager, les appareils ménagers, le petit électroménager, les petits appareils, les gros appareils électroménagers, les appareils de froid, les équipements électriques, les appareils à induction, intégrable, petits électroménagers, cuisinières ou tout autre appareil électroménager.

Elle se décline en cinq grands axes :

  • sortir du plastique jetable ;
  • mieux informer les consommateurs (et pouvoir réparer soi-même un appareil)
  • lutter contre le gaspillage et pour le réemploi solidaire ;
  • agir contre l’obsolescence programmée (recyclage, durée de vie des appareils)
  • mieux produire. (moins de pannes et plus d’appareils réparables)

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